Alors que la Plomberie générale ne manque aucune occasion de dégraisser votre dispositif préféré, voilà que la solution de micro-bloggage à l’oiseau bleu semble avoir abusé des petites graines et propose depuis début novembre une édition de messages à 280 signes. Quel impact sur le dispositif ?

140 mon Amour !

Le passage aux 280 signes serait-il l’occasion de faire évoluer le format des textes de Twictée? Pourquoi ne pas imaginer des twictées plus longues ?

C’est, en effet, l’une des questions les plus fréquemment posées, tout du moins chez les non twictonautes !

La Plomberie enfile le casque de chantier et les chaussures de sécurité pour une nécessaire mise en garde. D’un point de vue didactique, pédagogique et pratique, il nous semble plus qu’hasardeux de succomber à l’inflationnisme sémiotique. Chat échaudé …

En effet, dans l’ouvrage fondateur du dispositif Comment enseigner l’orthographe aujourd’hui ?* les auteures attirent l’attention sur l’importance du choix et de la mise en évidence des zones de fragilités orthographiques. Le format court permet aux apprenants de se mobiliser sur quelques points soigneusement choisis dans le Doc. PRÉPARATION par des enseignants experts.

D’un point de vue de la mise en oeuvre en classe, la multiplication des erreurs possibles peut transformer votre séance de conception de twoutils en cauchemar pédagogique. Au-delà d’une quinzaine de twoutis à produire, la séquence Twictée peut devenir extrêmement délicate à conduire.

Enfin, le sentiment de sécurité et de contrôlabilité de l’élève sur lequel repose Twictée est largement mis à mal par un texte qui gagne en embonpoint.

La Plomberie générale est donc fière d’inscrire Twictée dans une tradition digitale héritée des premiers Short Message System (SMS) limités jadis à 140 signes…tatouage 140 forever !

Une petite règle orthographique en 280 signes !

Là où l’évolution de la solution de micro-bloggage a retenu toute l’attention de la Plomberie, c’est sur la possibilité de produire des twoutils qui, sans perdre de leur concision, augmentent leur impact didactique.

L’idée du twoutil est bien d’inviter l’élève à formuler synthétiquement la règle orthographique tout en y faisant figurer les éléments du méta-langage grammatical qui qualifieront l’erreur à corriger. Avec sa forme écrite, ce format rigoureux est au coeur de la proposition didactique de Twictée qui enrichit la version « orale » de la dictée négociée.

C’est, entre autre processus, cet engagement intellectuel lié au passage à l’écrit, au métalangage et au format qui, selon la formule de Cogis et Brissaud, favorise l’appropriation, l’automatisation et l’opérationnalisation de la règle en situation de production.

Le passage aux 280 signes offre une souplesse qui permet aux élèves, sous le contrôle de l’enseignant, de développer de manière raisonnée la partie JUSTIFICATION du twoutil, notamment en y ajoutant si besoin, les catégories grammaticales, nature et fonction du mot, mode, temps et autres éléments de qualification du verbe. La CATÉGORISATION reposant sur le DicoBalises se voit ainsi enrichie.

Pour la COMMUNICATION, en fonction des modalités d’échanges définies entre classe partenaire, le numéro du groupe, les prénoms des élèves, la balise #twoutil ou la mention @TwicteeOfficiel pourront être ajoutées sans craindre la limitation de caractère.

 

280 caractères, que du bonheur donc au service des apprentissages de nos élèves !

 

*BRISSAUD Catherine, COGIS Danièle, JAFFRÉ Jean-Pierre, PELLAT Jean-Christophe, FAYOL Michel. Comment enseigner l’orthographe aujourd’hui ? Hatier, 2011.